Secrets de pierres en Entre-Sambre-et-Meuse

...sur les traces de nos lointains ancètres.

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Arkose

Index de l'article
Arkose
Autres sites
Tombes gallo-romaines
Matériau de construction
Toutes les pages

L’arkose : une merveilleuse pierre meulière… mais pas seulement !

                                     André COLONVAL.


Mais qu’est-ce donc que l’arkose ?

C’est un minéral, une roche très dure, un grès qu’on appelle dans nos régions « la pierre sarrasine » ou encore « la pierre à grains de sel ».
On donne principalement le nom de grès  à des roches formées de menus grains de quartz réunis intimement par un ciment à peine visible. Leur premier état a été évidemment celui des sables très fins, comme ceux qui couvrent encore beaucoup de plages maritimes, puis les eaux qui imbibaient sans cesse ces masses pulvérisées y ont apporté en dissolution et déposé peu à peu le ciment qui les a rendues cohérentes. Les granules des diverses variétés de grès ne sont pas toujours exclusivement quartzeux ; souvent on y trouve mêlés de petits grains  ou débris d’autres roches silicieuses ( feldspath, pyroxènes, amphiboles, etc..)
On nomme arkose une transformation métamorphique des grès au voisinage des terrains d’origine ignée ; cette roche d’une coloration grise, jaune ou quelque peu rougeâtre, est composée de quartz mêlé à un cinquième au moins de feldspath.
Pour J.GOSSELET, l’arkose est une roche gédinienne du Dévonien inférieur, Primaire ( le gedinnien est maintenant appelé en géologie : Lochkovien-Pridolien) composée d’éléments fournis par la destruction d’une crête sous-marine de granit et de gneiss ; elle n’est au fond que la reconstitution par sédimentation de types éruptifs divers dont elle provient. En elle, on observe de gros grains arrondis de quartz hyalin, mélangés à des particules feldspathiques plus ou moins kaolinisées. Cette altération est surtout sensible dans les bancs superficiels qui s’égrènent à l’air, mais à une certaine profondeur, elle est beaucoup moindre.
L’arkose chloritifère offre deux variétés qui se distinguent par la grosseur de leurs parties constituantes : -l’arkose pisaire( comme celle de Macquenoise ) est composée de quartz hyalin, grisâtre, transparent ou translucide, en grains miliaires ou pisaires inégaux, anguleux, et d’albite ou d’orthose en grains ou en cristaux clivables, blanc-grisâtres, translucides, qui atteignent la grosseur d’un pois , et de chlorite verte très divisée, réunis en bancs granitoïdes, très tenaces, à cassure inégale, d’un gris-verdâtre mêlé et taché de blanc, d’un aspect mat scintillant. On en distingue quelquefois de petits grains ou cristaux de pyrite, des grains de thallite d’un vert clair ( CLABECQ) , des octaèdres d’aimant et des fragments de quartzite verdâtre ou de phyllade.
L’arkose miliaire est en bancs massifs ou stratoïdes, grenus, pailletés, d’un gris verdâtre. Elle est essentiellement composée de quartz hyalin dominant, d’orthose blanchâtre et de chlorite vert sombre.

Localisation des bancs d’arkose et des carrières.

Bien sûr, nous connaissons les carrières de Macquenoise, à la frontière française, qui s’étendent de part et d’autre de cette frontière.
On en trouve aussi, à Haybes et Fépin, petits villages français situés au Nord de FUMAY. Plusieurs carrières abandonnées sont toujours visibles.
Toutes ces exploitations sont situées sur l’escarpement d’arkose qui borde au Nord la péninsule cambrienne de Rocroi depuis Anor et Mondrepuis ( à l’Ouest) jusque Fépin, sur la Meuse, en face de Haybes.
Plus loin, à l’Est, cette roche apparaît à nouveau, longeant toute la côte méridionale et orientale de la côte cambrienne de Stavelot, depuis Dochamps jusqu’en Prusse rhénane, entre Eochweiler et Düren.
De très nombreuses carrières d’arkose ont été ouvertes dans la région de  Vielsalm  et  de Salm-le-château.
Actuellement, des carrières sont encore en cours d’exploitation, au Nord-Est de l’Ardenne, dans la région de Malmédy et du plateau des Tailles. Les pierres de Boussire et de Waismes sont très recherchées .

Ses diverses utilisations :

Les meules en arkose de Macquenoise.

La présence de meules en arkose en provenant de la vallée de l’Oise a été reconnue dans un grand nombre de stations romaine parfois assez distantes de Macquenoise.
Toutefois, leur caractéristique principale est leurs dimensions réduites. ( de 30 à 60 cm environ ). On suppose que c’est la composition même de la pierre et sa dureté associées à la piètre qualité des outils utilisés qui ne permettaient pas d’extraire des carrières des blocs plus importants.
Pour tailler une meule, il fallait que la pierre ait une constitution homogène de manière qu’elle ne  puisse se briser en la façonnant.
Etant donné le nombre d’ébauches et de fragments de meules que l’on trouve encore sur les lieux d’extraction, on peut affirmer que celle-ci fut très importante aux premiers siècles de notre ère ( du 1er au 5ème siècle ).
Ces petites meules servaient bien sûr à écraser le grain mais pas uniquement car les archéologues sont unanimes à reconnaître leur usage sur des sites sidérurgiques gallo-romains fouillés ces dernières années. ( les forges gallo-romaines de FROIDCHAPELLE et les habitations de métallurgistes à VODECEE ) .Elles auraient été utilisées pour écraser le minerai de fer avant de le fondre dans les bas-fourneaux.
L’industrie meulière de Macquenoise déclina puis s’acheva à la période mérovingienne avec l’avènement et la multiplication des moulins à eau qui réclamaient l’usage de meules de bien plus grandes dimensions ce que Macquenoise n’a jamais pu fournir.
Au Vème et VIème siècle, la production de meules décrut et se termina par l’abandon des carrières.
 
         

 Meule trouvée par Gaston Bernard dans une rive de l’Oise à Macquenoise.

N.B. :  Pour les intéressés, à  HIRSON (France), il existe, impasse du château, une collection assez complète des meules et urnes en arkose découvertes dans la forêt de Saint-Michel. Ce musée est généralement ouvert le dimanche.